Dans un contexte de transition écologique et de lutte contre le changement climatique, l’agriculture joue un rôle clé. Parmi les solutions développées, la méthode "Plantation de vergers" du Label Bas-Carbone vise à encourager la plantation d’arbres fruitiers pour capter du CO₂ et réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Cette méthode encadrée permet aux exploitants agricoles d’obtenir une reconnaissance officielle de leurs efforts tout en diversifiant leur activité et en valorisant leurs terres. Mais en quoi consiste-t-elle exactement et quels sont ses avantages ?
Un projet encadré par le Label Bas-Carbone
Développée par la Compagnie des Amandes avec la contribution d’Agrosolutions, la méthode "Plantation de vergers" s’intègre auLabel Bas-Carbone, un dispositif mis en place par leMinistère de la Transition Écologique et de la Cohésion des territoires. Ce label vise à certifier et valoriser des projets réduisant les émissions de GES dans différents secteurs, dont l’agriculture.
Cetteméthodeconcerne spécifiquement la plantation de cultures fruitières pérennes sur des terres agricoles. Elle permet aux agriculteurs d’être accompagnés dans la mise en place de leurs vergers et d’obtenir des crédits carbone pour financer leur transition.
Les types de cultures concernées
Les arbres plantés dans le cadre de cette méthode doivent appartenir aux catégories suivantes : ✔️ Fruits secs : amandier, châtaignier, noisetier, noyer ✔️ Fruits à pépins : pommier, poirier, cognassier, figuier ✔️ Fruits à noyau : abricotier, cerisier, pêcher, nectarinier, brugnonier, prunier Cette diversité d’essences permet de répondre à des enjeux de résilience face aux changements climatiques et de structurer une productionagricole durable.
Comment fonctionne la méthode ?
Un engagement sur 20 ans
La durée de vie d’un verger est estimée à environ 20 ans. Laméthoderepose donc sur un suivi de long terme avec des étapes clés : Année 0 : Dépôt du projet et labellisation Année 5 : Première vérification pour valider les réductions d’émissions effectuées et anticipées Année 20 : Fin du projet et bilan final Les exploitants doivent prouver l’impact de leur projet grâce à des rapports d’expert détaillant la densité des arbres, la section moyenne des troncs et la couverture de l’enherbement.
Le calcul des réductions d’émissions
Un outil de calcul des réductions de GES est mis à disposition sur le site du ministère de la Transition Écologique. Ce calculateur permet d’estimer les gains environnementaux du projet et de quantifier les crédits carbone générés.
L’additionnalité : une condition clé
Pour être éligible, un projet doit démontrer son caractère additionnel, c’est-à-dire qu’il n’aurait pas pu être réalisé sans ce soutien. Cela passe par un inventaire des aides publiques disponibles. L’exploitant doit : 1️⃣ Prouver son inéligibilité aux aides existantes OU 2️⃣ Montrer que ces aides représentent moins de 50 % du coût de l’investissement avant récolte
Les bénéfices environnementaux et agricoles
Un levier de réduction des émissions de GES
Planter un verger sur une terre auparavant dédiée à d’autres cultures ou laissée en jachère permet d’agir à plusieurs niveaux :
Séquestration du CO₂ : Les arbres stockent du carbone dans leur biomasse et dans lessols. Réduction des émissions indirectes : Une gestion agroécologique des vergers limite l’usage d’engrais et de pesticides, réduisant ainsi l’empreinte carbone. Effets positifs sur labiodiversité: Les vergers offrent un habitat pour les pollinisateurs et favorisent un écosystème diversifié.
Une diversification des revenus agricoles
En plus de leur rôle environnemental, les vergers apportent une source de revenu stable aux exploitants grâce à la production de fruits à haute valeur ajoutée. De plus, les crédits carbone générés peuvent être revendus, finançant ainsi une partie de l’investissement initial.
Les conditions d’éligibilité
Qui peut en bénéficier ?
Seules les exploitations agricoles situées en France métropolitaine sont éligibles, à condition de planter des vergers sur des terres agricoles cultivées (terres arables, prairies permanentes ou cultures pérennes comme la vigne). Il est important de noter que les friches herbacées ne sont pas concernées par cette méthode.
Un risque de non-permanence encadré
Comme toutprojet forestierou agroforestier, il existe un risque de non-permanence (perte d’arbres due aux maladies, aux aléas climatiques ou à l’abandon du projet). Pour pallier ce risque, un rabais de 10 % est appliqué aux réductions d’émissions anticipées, garantissant une approche prudente dans le calcul des bénéfices climatiques.
Pour conclure
La méthode "Plantation de vergers" s’inscrit dans une logique de transition écologique en conciliant production agricole durable et stockage de carbone afin d'atteindre la neutralité carbone. En offrant aux exploitants une reconnaissance de leurs efforts, elle leur permet de sécuriser un modèle économique viable tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique. Grâce à son cadre rigoureux et aux contrôles effectués tout au long du projet, elle assure un impact mesurable et pérenne.



